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La rénovation de l'emblématique palais Caïs-de-Pierlas sur le Cours Saleya à Nice est enfin achevée – Nice matin

La rénovation de l'emblématique palais Caïs-de-Pierlas sur le Cours Saleya à Nice est enfin achevée – Nice matin

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La bâtisse, ayant notamment abrité les ateliers du peintre Matisse, a pratiquement achevé son ravalement de façades après des années de tribulations. Retour aux couleurs d’origine.
Le palais Ribotti-Caïs-de-Pierlas a retrouvé ses splendides couleurs. D’origines en plus. Il peut à nouveau trôner sur le cours Saleya et la mer avec la superbe qu’il avait perdue au fil du temps.
Et qui fut dure à reconquérir, car on a affaire à un ravalement de façades pas comme les autres. Non seulement parce que plusieurs éléments majeurs distinguent cette rénovation d’un ouvrage classique.
Mais également, parce que des discussions interminables et de nombreux essais ont fait traîner ce lifting extérieur. « Un chantier anormalement long en matière d’échafaudage et précédemment, dans la mise en forme », confirme Michel Steve, architecte en charge des secteurs sauvegardés à la Ville et s’occupant de tout ce qui touche au patrimoine local. Mais ça y est. Enfin! Les deux façades principales, sud et ouest, ont été dégagées des échafaudages durant les fêtes, après des tribulations à répétition.
L’immeuble, néo-classique, haut d’une vingtaine de mètres, érigé sur cinq niveaux rez-de-chaussée compris, à la triple adresse (1, place Charles-Félix, 17-21, rue des Ponchettes et rue Saint-Suaire), date, au départ de sa vie, du 17e siècle. Remodelé au 18e.
Surélevé d’un étage par le célèbre architecte niçois Sébastien-Marcel Biasini (à l’origine du Regina dans le quartier de Cimiez). Des gens aisés du comté niçois y ont vécu, Henri Matisse y a possédé deux ateliers, des copropriétaires y demeurent encore. La maison fait rêver. Mais a été rattrapée par l’érosion. « Des travaux de ravalement s’imposaient, poursuit Michel Steve. Dès 2010, une mise en demeure est intervenue, mais elle n’a pas été suivie par la copropriété en raison de dissensions sérieuses en son sein. À un moment donné, la bâtisse a même été placée sous administration judiciaire. C’était en 2016 et c’est là que je suis intervenu. Un administrateur voulait qu’on établisse ce projet de ravalement. »
Ce qui a été fait. Et approuvé notamment par l’architecte des Bâtiments de France. Les turbulences ont continué. « En dernier lieu, une architecte italienne à la formation historique a établi un projet finalement validé. »
Le travail a donc pu prendre forme. Un travail collectif réunissant l’architecte ayant porté le projet, Michela Pellegrini, l’architecte des Bâtiments de France, Luc Albouy, Michel Steve et l’entreprise exécutante Ad Affresco créée par Pierre Testud. Suivirent de nombreuses visites de chantier. Pour tout cadrer, tout finaliser : peintures, sculptures, réalignement… « Là aussi, beaucoup de discussions. » Elles ont finalement abouti à un chantier démarré à la mi-septembre 2020 et terminé il y a quelques jours.
Aujourd’hui, les façades majeures ouest (donnant sur le cours) et sud (donnant sur la mer), sont finies. Des travaux occupent la façade nord, qui regarde vers la chapelle des Pénitents rouges, « mais la façade sera plus simple que les autres, sans polychromie ». Quant au côté est, mitoyen d’un autre immeuble et tournée vers la colline du Château, il ne nécessite pas d’aménagements particuliers.
Avant de passer les enduits à la chaux et la peinture, il fallut faire preuve d’une grande minutie. À plusieurs niveaux. D’abord, la couleur. Lorsque dans les années 1870, l’architecte Biasini suréleva d’un étage le palais Caïs de Pierlas avec en prime un balcon saillant faisant tout le tour et quelques ajouts de sculptures, il décida, en outre, de faire peindre la maison en ocre jaune. Un jaune uniforme, bien « passé » depuis.
Et qui n’était pas conforme aux couleurs originelles. « En effet, note Michel Steve, une polychromie du peintre niçois Clément Roassal (1781-1850 N.D.L.R.) faisait état d’une bichromie. La validation de ces deux couleurs a été longue et a fait l’objet de plusieurs essais. En plus, la concertation a été ouverte aux copropriétaires. Chacun y est allé de son idée. »
Au final, cette bichromie, véritable opération de restauration, laisse cohabiter un fond jaune et des soubassements, des chaînages d’angles et des encadrements de fenêtres dans des tons couleur pierre. « Dans le respect de ce qu’était la bâtisse au 18e siècle. »
« Fenêtre Matisse » dédoublée
Après la peinture, le second élément distinguant la réfection de la façade est la « fenêtre Matisse », côté Sud. Sur le versant mer. Là, où Matisse puisait sa géniale inspiration, puisque le peintre occupa dans la maison, deux ateliers aux 3e et 4e étages, de 1921 à 1938.
La double-fenêtre était au dernier étage: « Deux fenêtres rassemblées en une grande baie vitrée, longue et remontant aux années 1885. Or Matisse eut un atelier là où se trouvait cette très grande fenêtre, qui était là avant qu’il n’arrive. »
Il n’empêche que lors du ravalement, la prudence s’invita quant à la conservation ou non de la baie vitrée. « J’en ai parlé à la conservatrice du musée Matisse, qui elle-même en parla aux héritiers de Matisse. »
De même Jean-Jacques Aillagon, alors à la tête de la mission Unesco, fut interrogé. « Nous sommes tous parvenus à un consensus: cette baie vitrée n’appartenait pas à Matisse. Il n’y avait donc aucune objection à la refermer. L’intervention fut validée. Il n’y avait plus rien de Matisse derrière cette fenêtre repartagée en deux et rétablissant ainsi l’alignement et la disposition ancienne. »
En revanche, l’architecte des Bâtiments de France suggéra aux autres partenaires de profiter de l’opération pour qu’une plaque, apposée ultérieurement côté Saleya, signale le passage de Matisse dans le palais.
Fronton détouré
Troisième élément majeur : le fronton. Lorsque Biasini rajouta un étage, la toiture ne correspondait plus trop à la façade côté Saleya. Le fronton ne descendait pas sur les côtés. Astuce: « On a décidé de bien le détourer pour qu’il se détache du reste dans un coloris tuiles rouges. »
En somme, un travail très complet, auquel se greffe une dernière intervention : la reconstitution sur le grand balcon du dernier étage, de maçonnerie et de corniches. Là encore, beaucoup d’essais et de discussions.
Le palais fut et reste une maison d’habitation. Pas ordinaire certes.
Initialement, le bâtiment fut édifié pour la famille Ribotti, après cession du terrain par la Ville, en 1693. Ensuite, il abrita les écoles royales de la Ville de 1733 jusqu’à la Révolution française. À l’époque, on était sur trois niveaux.
En 1782, la maison est vendue à la famille Caïs. Une des plus vieilles familles de Nice, originaire de Valdeblore et réunissant des comtes de Pierlas. La bâtisse disposait d’un style architectural traditionnel et fut vraisemblablement agrandie latéralement et surélevée.
Elle fut rehaussée d’un étage supplémentaire et embellie avec décors et reliefs en façades, à la suite d’une demande du comte de Pierlas, en 1874, sous la férule de l’architecte Biasini.
Bien plus tard, de 1921 à 1938, le peintre Matisse y posa ses chevalets et pinceaux. Une présence qui n’a fait que rajouter une âme lumineuse à cette maison, objet de bien des fantasmes de la part de nombreux Niçois et touristes.
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