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Notre interview exclusive de Phoenix, toujours le meilleur-groupe-français-du-monde – Les Inrocks – Les Inrockuptibles

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14 min
par Franck Vergeade et François Moreau
Publié le 6 octobre 2022 à 8h00
Mis à jour le 4 octobre 2022 à 11h42
Christian Mazzalai, Laurent Brancowitz, Thomas Mars et Deck D’Arcy au musée des Arts décoratifs, à Paris © Emma Picq pour Les Inrockuptibles
Cinq ans après l’italianisant “Ti amo”, les quatre Versaillais reviennent aux fondamentaux avec un septième album rappelant les débuts ensoleillés de “United”. Toujours aussi soudés, mais pour la première fois amputés du regretté Philippe Zdar (le cinquième Phoenix), ils nous racontent la genèse de “Alpha Zulu” depuis leur studio aménagé au Musée des Arts décoratifs. 
La lumière du jour peine à se frayer un chemin à travers les échafaudages qui obstruent la seule fenêtre du studio ad hoc, investi depuis deux ans par Phoenix. Pourtant, Laurent Brancowitz, alias Branco, nous l’assure, avant les travaux de ravalement de façade, cette pièce aménagée du musée des Arts décoratifs offrait une vue imprenable, “la plus belle du monde”, sur le jardin des Tuileries. Au milieu du bordel, une collection de synthétiseurs empilés, des guitares, de la paperasse et une espèce de cabine téléphonique dans laquelle Thomas Mars a mis en boîte les voix d’Alpha Zulu, leur nouvel album.
Accroché au mur, le tableau blanc Velleda documente l’enregistrement de ce disque : “Les petits ‘b’, ce sont les points Bangalter”, indique Thomas. Et il y en a un paquet. L’ex‑Daft Punk semble avoir glissé plusieurs têtes au cours de ces vingt-quatre mois passés à plancher sur le successeur de Ti amo (2017), qui leur avait ouvert, la même année, les portes d’un Accor Arena plein à craquer.
Comme à l’époque où Thomas, Branco, Deck et Christian ont pris possession de la salle de la Gaîté Lyrique pour enregistrer leur escapade italiano-kitsch, le quatuor versaillais a donc fait du musée des Arts déco son terrain de jeu et lieu de résidence privilégié. Au temps pandémique, pendant que la France télétravaillait, Phoenix déambulait dans les salles d’exposition hantées du MAD : “On traversait les couloirs qui mènent au studio en s’éclairant avec les lampes de nos téléphones”, se souvient Christian Mazzalai. Le guitariste et frangin de Branco nous emmène d’ailleurs en vadrouille dans le dédale des allées où le public n’a pas le droit de mettre les pieds.
Christian connaît désormais le musée comme sa poche, appelle chaque gardien·ne par son prénom et peut vous raconter l’histoire d’une étoffe ayant appartenu à Marie-Antoinette, recousue à la main, ou celle d’un meuble japonais dont la réfection a été retardée de cinq ans – à cause d’une pièce de bois rarissime, détenue par un artisan nippon pas bien décidé à lâcher le morceau. “Tout cela redonne foi en l’humanité”, s’émerveille-t-il en rendant hommage au travail de minutie des ateliers du lieu. Et nous, sans trop d’effort d’imagination, de voir dans cette admiration pour la confection des belles choses un parallèle avec l’éthique de création de Phoenix.
“Les lieux ont toujours été fondamentaux dans l’histoire de Phoenix”, affirmiez-vous à la sortie de Ti amo, enregistré à la Gaîté Lyrique. Pour concevoir Alpha Zulu, vous avez choisi le musée des Arts décoratifs, lieu parisien encore plus symbolique.
Thomas Mars — Comme d’habitude, on a longtemps cherché un endroit. En passant un jour devant le Louvre, on s’est demandé s’il y aurait la possibilité d’installer un studio dans l’une des ailes du musée.
Laurent Brancowitz — Finalement, on a eu l’opportunité d’investir un étage du musée des Arts décoratifs, en plein cœur de Paris. Dans cette salle blanche plutôt destinée aux réunions qu’à la musique, nous avons dû améliorer l’acoustique pour finalement y réaliser tout notre disque. Un peu comme à l’époque de notre premier album, United, dans notre petite cave à Versailles. Pendant de longs mois, avant l’arrivée de l’échafaudage, nous avions cette fenêtre qui donnait sur la pyramide et la cour du Louvre. Un rêve, encore plus improbable pendant les périodes confinées, où nous étions vraiment tout seuls…
Thomas Mars — Nous sommes arrivés ici juste avant le confinement. Il y avait aussi un mec qui faisait de la musique atonale à l’autre bout du couloir.

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© Emma Picq pour Les Inrockuptibles

Au moment de commencer à travailler ici, vous n’aviez qu’une seule chanson, le single Identical, réalisé pour la bande originale du film On the Rocks de Sofia Coppola, sorti en 2020.
Laurent Brancowitz — Oui, l’ultime morceau enregistré à la Gaîté Lyrique et dans le studio de Philippe Zdar, à Motorbass. Pour la première fois dans l’histoire du groupe, nous avons été séparés longtemps, puisque Thomas était bloqué aux États‑Unis à cause de la pandémie. Ce qui a beaucoup marqué la conception de l’album. À chaque fois que nous nous retrouvions, nous étions en feu. [sourire] Nous n’avons jamais eu l’angoisse de la page blanche.
Deck D’Arcy — Nous avons même fait notre premier morceau à distance dans l’histoire de Phoenix, Winter Solstice.
Christian Mazzalai — C’était notre seul stratagème pour pallier l’absence prolongée de Thomas. On lui envoyait cette boucle sans début ni fin. On a gardé cette première prise, et il a écrit les paroles dessus en forme de rêverie.
Thomas Mars — Et en éditant la chanson, Branco a fait un ippon décisif pour structurer le refrain et les couplets.
Christian Mazzalai — À la différence des autres albums, on alternait les périodes intenses de travail, quand Thomas pouvait venir nous rejoindre, et d’autres plus creuses. On a accumulé tellement de musique pour ce disque…
“Quand on a commencé la musique, il ne fallait absolument pas suivre les conseils de la génération précédente” Laurent Brancowitz
En raison des incertitudes du contexte sanitaire et des confinements successifs, vous n’aviez pas vraiment de deadline.
Laurent Brancowitz — Une fois n’est pas coutume, notre entourage professionnel nous conseillait de prendre notre temps.
Thomas Mars — Il faut se souvenir qu’on travaillait tous avec le masque dans le studio.
Laurent Brancowitz — Le masque restera d’ailleurs un marqueur de cette époque.

On voit là, sur un de vos claviers, la pochette du premier album de Sons of Raphael, Full-Throated Messianic Homage. C’est le dernier enregistrement de Philippe Zdar à Motorbass avant son accident mortel en juin 2019…
Laurent Brancowitz — J’adore ce disque, je ne comprends pas qu’il n’ait pas reçu plus d’écho ni de succès. C’est le dernier album de Philippe, oui. La veille de sa mort, Loral et Ronnel Raphael étaient encore en studio avec lui. Il leur a tout appris.
Christian Mazzalai — Philippe leur avait concocté des listes de conseils sur la vie, qu’ils nous ont transmises par la suite. Ce sont des listes géniales avec un tel sens du détail : apprendre à nager aux enfants dès leur plus jeune âge, ne pas porter de chaussures de sport après 40 ans, par exemple.
Thomas Mars — On pense tout le temps à lui, c’est comme s’il était encore quelque part dans le studio.
Laurent Brancowitz — Vivant comme mort, Philippe est une présence très forte.
Thomas Mars — Comme un signe du destin, Louis Bes, l’un de ses anciens assistants chez Motorbass, est venu nous prêter main-forte pour résoudre un problème de micros.
Christian Mazzalai — Louis avait 10 ans à l’époque de Wolfgang Amadeus Phoenix, il venait passer du temps au studio le mercredi après-midi avec la fille de Philippe. C’était son mentor.
Thomas Mars — La jeune génération d’ingénieurs du son fait tout comme Philippe.
Laurent Brancowitz — Une belle transmission. Quand on a commencé la musique, c’était l’inverse : il ne fallait absolument pas suivre les conseils de la génération précédente. Nous sommes arrivés à un moment où l’on ne pouvait pas apprendre de nos aînés. 1985-1995, c’est un vrai trou. Un peu comme lorsque l’Empire romain s’est effondré et que les Romains n’arrivaient plus à construire des arches.
Deck D’Arcy — Il a fallu attendre l’arrivée de Air, Daft Punk, etc., pour remettre les pendules à l’heure.
Laurent Brancowitz — Nos destinées se sont ensuite croisées. Comme je le racontais dans notre livre [Liberté, égalité, Phoenix !, Rizzoli Usa, 2019], je ne connaissais pas encore Nicolas Godin de Air quand je l’ai entendu jouer, par la fenêtre ouverte sur un square à Versailles, The Cross, un morceau de Sign o’ the Times de Prince, un album dont j’étais dingue. Je ne jouais pas encore de guitare à l’époque, mais ce fut un moment important de mon existence.
“À nos débuts, ça aurait été inenvisageable pour nous quatre de collaborer avec le mixeur de Céline Dion” Laurent Brancowitz
La technologie a aussi énormément évolué depuis que vous avez sorti votre premier maxi, Heatwave, en 1999.
Laurent Brancowitz — En effet, la mode était aux samplers et au home studio. L’esthétique sonore a beaucoup changé. Quand j’entends aujourd’hui les morceaux en tête des charts, ils sonnent extrêmement bien – ce qui n’était pas le cas des numéros 1 du Top 50 de notre époque. Le mixeur de notre album, Manny Marroquin, mixe aussi bien Céline Dion que Kanye West, Christina Aguilera que Taylor Swift. À nos débuts, ça aurait été inenvisageable pour nous quatre de collaborer avec le mixeur de Céline Dion. Le centre de gravité esthétique s’est considérablement déplacé en deux décennies.
Comment avez-vous choisi Manny Marroquin ?
Laurent Brancowitz — À l’oreille… [sourire]
Thomas Mars — Nous nous sommes fait des playlists de morceaux et nous les avons décortiqués. Le défi était considérable : trouver un successeur à Philippe. Pour Ti amo, on avait travaillé avec un disciple de Philippe, Pierrick Devin.
Christian Mazzalai — Au final, Manny est l’opposé de Philippe, avec qui l’on pouvait passer une semaine entière sur un morceau. C’était épique. On a juste échangé des mails avec Manny, on ne l’a même encore jamais rencontré. Nous avons une relation purement musicale, mais elle n’est pas moins artistique. Soniquement, nous sommes rassurés d’avoir trouvé un autre frère de l’autre côté de l’Atlantique.
Thomas Mars — Manny doit mixer trente morceaux par mois, ça nous obligeait donc à lui envoyer des morceaux quasi finalisés, et plus simplement des demos.
Deck D’Arcy — Finalement, juste à cause de cette contrainte nulle de fuseaux horaires, l’album est presque plus fidèle à ce que l’on voulait en studio que par le passé. Manny a davantage joué le rôle de “masteriseur” que de mixeur.
Laurent Brancowitz — Il a fait énormément de tubes, mais aussi des morceaux de Vampire Weekend. C’est quelqu’un d’assez versatile.
En parlant de Vampire Weekend, on retrouve Ezra Koenig, leader du groupe, en featuring sur le deuxième single, Tonight. Si l’on excepte le 45t Alone on Christmas Day, enregistré avec Bill Murray, il s’agit de votre première collaboration avec un autre artiste sur un de vos albums. Comment s’est faite cette rencontre ?
Thomas Mars — On lui a demandé directement. On est copains de festivals et on est devenus encore plus copains sur le tournage du film de Sofia [Coppola], On the Rocks. Nos femmes tournaient, et nous, pendant ce temps-là, on n’avait rien à faire [Koenig est le compagnon de la comédienne Rashida Jones]. On s’est connus à l’époque de la mort de Philippe. À cause de la pandémie, il n’est jamais venu dans ce studio, alors on lui envoyait des indications très précises. Un truc qu’on n’avait jamais fait, mais que tous les kids font maintenant : s’envoyer des WhatsApp en une seconde. Je me revois, avant de prendre l’avion, lui chanter des trucs au téléphone.
Tu as entièrement écrit le texte ?
Thomas Mars — Oui. Lui a juste changé un mot. Il a mis “number”, dans un moment presque seinfeldien : “Tiens, pourquoi pas ajouter le mot number.
Vous voyez Vampire Weekend comme les petits-cousins de Phoenix ?
Thomas Mars — On a un truc en commun ; il y a toujours les mêmes références qui reviennent. On parlait récemment de ces moments où l’on se rend compte qu’on a choisi les mêmes samples ou qu’on a acheté les mêmes bouquins. On a le même genre de fascination pour les choses.
Laurent Brancowitz — Ils sont atypiques, surtout aux États-Unis. On est forcément preneurs. Ils ont fait des bons disques, et c’est rare, les groupes qui en font.

Sur Ti amo, il y avait un sample de Fela et sur Identical, un autre de Faka. Comme Vampire Weekend, vous avez une inclination pour les musiques venues du continent africain ?
Deck D’Arcy — Le sample d’Identical, c’est du pur hasard. Faka a joué à la Gaîté Lyrique quand on y était encore, et c’est Benoît [Rousseau, programmateur de la salle] qui nous l’a fait découvrir.
Christian Mazzalai — Branco sample tout. Dès qu’il entend un truc bien, il met ça dans sa banque de données.
Deck D’Arcy — Ça n’a donc rien à voir, on aurait pu tomber sur autre chose.
Laurent Brancowitz — Après, on est sensibles aux sonorités fraîches et nouvelles. Faka, c’est simplement génial.
Thomas Mars — Il y avait un truc sonique qui marchait bien.
Laurent Brancowitz — Dans le futur, il y aura beaucoup d’influences africaines. Avec ce qui arrive d’Afrique du Sud, des courants comme l’amapiano, par exemple. Dans tout ce qu’ils font, il y a une rythmique seule, et moi, dès que j’entends une rythmique seule, je la sample. Que ce soit Whitney Houston ou DJ Pipo. Tous les morceaux d’amapiano commencent par une rythmique isolée, c’est certain que tout cela va peupler notre prochain disque. [rires]
Quels ont été les morceaux décisifs sur ce disque ?
Thomas Mars — On avait la pression, parce que, pour la première fois, on a eu la visite de Daniel Glass, le patron de notre label américain [Glassnote]. Jamais la maison de disques n’écoute le travail en cours d’habitude – parce que c’est trop vulnérable, trop dangereux. On lui a passé Alpha Zulu et il a répondu : “C’est bon, je peux rentrer tranquille…”
La pression est retombée, on avait la validation qu’on recevait à l’époque de Philippe. C’est aussi cela que Philippe nous apportait en permanence : de la confiance. Il te disait : “Ça, c’est dément”, même s’il pouvait parfois se tromper. Pour lui, tous les morceaux étaient des singles potentiels, par exemple.
Comment s’est monté le tracklisting de cet album ?
Thomas Mars — On faisait écouter le disque aux amis qui venaient, toujours dans le même ordre. On a fini par s’habituer à cet ordre. C’était la meilleure façon de faire le tracklisting, il faudra s’en inspirer pour le prochain disque.
D’ailleurs, dans les crédits de l’album, il y a un message spécial pour Thomas Bangalter, qui figurait déjà au générique de United. Quel a été précisément son rôle cette fois-ci ?
Laurent Brancowitz — On lui a demandé de venir en tant qu’ami et en tant que professionnel. Ce n’est pas quelque chose que l’on a l’habitude de faire, mais on a senti que c’était cool. Je pense qu’il pourrait aller chez Mitsubishi et dire : “Ouais, cette machine, elle est pas top”, et il réglerait aussitôt le problème. Ce n’est pas un cerveau conçu comme les autres. On l’a donc fait venir pour le disque, mais aussi parce qu’on savait qu’on vivrait des moments géniaux. Il est génial, ce mec. C’est encore un autre genre que Philippe.
Christian Mazzalai — C’est lui qui nous a présenté Philippe, d’ailleurs.
Thomas Mars — Il l’avait encouragé à venir nous rencontrer. Philippe avait un avis négatif sur nous.
Deck D’Arcy — Et nous-mêmes un avis négatif sur Philippe.
Christian Mazzalai — On se voyait dans les soirées, on se disait : “C’est qui ce mec ?”, et lui pensait pareil de nous. La première fois qu’on s’est parlé, on s’est rendu compte : “Mais, en fait, t’es pas un connard !”
Thomas Mars — Thomas lui a dit qu’il fallait absolument qu’il mixe notre musique. C’est grâce à lui, cette rencontre.
Christian Mazzalai — Le fait qu’il soit venu en studio avec nous, ce n’est pas un hasard.
“D’un point de vue sonique, on a essayé d’aérer, et c’est peut-être cela, le côté new wave de l’album” Laurent Brancowitz
On retrouve sur Alpha Zulu un élan similaire à celui de United (2000), votre premier album, quelque chose de très adolescent.
Laurent Brancowitz — Là, on touche quelque chose. On a évoqué United entre nous, on se l’est dit. Quand on a sélectionné les morceaux d’ailleurs, Thomas [Bangalter] nous a suggéré de choisir tous les extrêmes.
Christian Mazzalai — Écarter, c’était un mot-clé.
Laurent Brancowitz — Ouvrir le spectre.
On revient à ce que vous disiez au début de l’entretien, le fait de se retrouver pour la première fois dans un endroit clos depuis vos débuts…
Christian Mazzalai — C’est vrai.
Comment avez-vous ouvert le spectre et “écarté”, justement ?
Laurent Brancowitz — En vieillissant et avec l’expérience, on sait qu’on peut passer 1 200 heures sur chaque morceau. Inconsciemment, on choisit les morceaux portés par l’exaltation. Ceux dont on sait qu’ils peuvent être un peu lourds, on les écarte, parce qu’on n’a pas envie de passer ce temps infini dessus. D’un point de vue sonique, on a essayé d’aérer, et c’est peut-être cela, le côté new wave de l’album : une basse, une guitare, un synthé. Pas 36 milliards de couches. Les mecs, à l’époque, ils passaient dix jours en studio et ressortaient avec un album. On avait un peu cette approche de ne pas rendre la matière trop pâteuse.
Avec toujours cette idée de condenser le disque sur dix morceaux.
Laurent Brancowitz — C’est un peu la seule règle qu’on a.
Deck D’Arcy — On essaie d’être le plus minimal possible en gardant l’ADN Phoenix. Mais on reste quand même portés sur la production. Notre traumatisme, c’est les Beatles, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band [1967]. Ça nous a ouvert les portes de la prod. En même temps, on a découvert les Beach Boys. Au début, on était ce groupe guitare, basse, batterie, à l’image de notre morceau Party Time, et quand on a découvert tout ça, la musique est devenue autre chose pour nous. Mais oui, être minimal est un peu le but à atteindre. Je pense qu’on s’en approche.
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Comment une œuvre de Sandro Botticelli est-elle devenue la pochette du nouvel album ?
Laurent Brancowitz — On a réfléchi plusieurs semaines, on avait plusieurs pistes. On voulait d’abord exprimer une idée de mégalomanie en représentant tous les grands philosophes, avant d’y insérer nos quatre trombines. Et puis Thomas voulait quatre éléments distincts, un peu à la manière de la pochette de Three Imaginary Boys de The Cure.
Thomas Mars — On a finalement appelé Pascal Teixeira, avec qui on bosse souvent. Je lui ai demandé de chercher des idées autour de ces quatre éléments. Et il est tombé sur cette peinture. Ce qui nous a vachement plu, c’est qu’il a croppé l’image – ça change tout pour moi. Il a pris une œuvre, en sélectionnant la petite section qui marche.
Laurent Brancowitz — C’était le coup de génie.
Thomas Mars — Et Branco a eu l’idée d’ajouter ce petit livre que les quatre anges regardent.
Le travail sur les pochettes est aussi important que la musique pour vous ?
Laurent Brancowitz — On ne délègue jamais, on n’y arrive pas. Ça serait si simple : tu prends le meilleur graphiste du monde, parce qu’il y en a toujours un et, à la fin, tu auras une super pochette. Mais ça nous dégoûte, je ne sais pas pourquoi.
Deck D’Arcy — On a délégué une fois, c’était pour la photo de United (2000). Et on n’en est pas contents. C’est un mur de briques et on voulait un mur blanc.
Quelle est votre pochette préférée, d’ailleurs ?
Laurent Brancowitz — Alphabetical. C’était délégué aussi [à Hedi Slimane], mais collaboratif. On n’était pas les masterminds. Voilà le contre-exemple parfait.
Christian Mazzalai — Moi, j’aime bien la nouvelle.
Laurent Brancowitz — On verra avec le temps.
Thomas Mars — Celle de Wolfgang Amadeus Phoenix était fun. La typo de Kraftwerk s’incruste bien dans l’ensemble. C’est rare de tenir un collage qui marche.
Laurent Brancowitz — Il fallait une petite dose de stupidité pour désamorcer le titre. Le titre et la pochette fonctionnent en binôme, c’est vraiment la juxtaposition des deux. Sur Wolfgang, tu ne pouvais pas faire un truc sérieux à la Deutsche Grammophon. Le moment où on était tous autour du résultat final et qu’on a vu que ça nous plaisait, c’était un de ces moments agréables de la vie.
Il était évident que le nouvel album allait s’appeler Alpha Zulu ?
Thomas Mars — Non, mais on a vu que le titre fonctionnait bien auprès des gens qui venaient nous voir. Quand un ami le prononce, tu sais tout de suite si c’est un bon titre d’album ou non.
Laurent Brancowitz — Les mots de l’aéronautique ont été inventés par des équipes de scientifiques, pour trouver ceux qui sont prononçables dans toutes les langues. D’un point de vue phonétique, Alpha Zulu est validé par la science.
Alpha Zulu (Loyauté/Glassnote/Sony Music). Sortie le 4 novembre. Concerts les 28 et 29 novembre à Paris (Olympia).
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